Rencontre avec l’Ecole des Pupilles de l’Air : le secondaire part à la découverte des espaces d’apprentissages innovants de l’UGA

Innovation pédagogique
Visite de la salle créalangues de l'IUT1 de l'UGA lors de la venue de l'école des pupilles de l'air à l'UGA
Visite de la salle créalangues de l'IUT1 de l'UGA lors de la venue de l'école des pupilles de l'air à l'UGA
Le vendredi 14 février, l’équipe du pôle pédagogique de l’Ecole des Pupilles de l’Air a été accueillie par l’Université Grenoble Alpes.
Co-organisé par la Direction d’Appui à la Pédagogie et à l’Innovation (DAPI) et la référente-coordinatrice UGA pour les espaces d’apprentissage innovants, la visite s’est déroulée dans les locaux de la Maison de la Création et de l’Innovation (MaCI), au FabLab (MSTIC) et dans les espaces d’apprentissages de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT1).

« Nous sommes dans une volonté d’instaurer une nouvelle dynamique d’innovations pédagogiques [via de nouveaux espaces d’apprentissages], c’est pour cela qu’en début d’année on a organisé un séminaire avec la DAPI […] et en fin d’année dernière on a commencé à monter un groupe de travail d’enseignants volontaires qui s’y intéressent et qui sont là aujourd’hui. »

L’école des pupilles de l’air, établissement scolaire de l’armée de l’air situé à Montbonnot, accueille des élèves de collège, de lycée ainsi que de classes préparatoires. Accueillie par l’Université Grenoble Alpes (UGA), l’école est venue découvrir différents espaces dédiés aux pédagogies actives que l'université propose à ses partenaires et usagers. L’équipe pédagogique de l’EPA souhaite développer son pôle numérique, et intégrer par la même occasion de nouvelles innovations pédagogiques pour favoriser l’autonomie de ses étudiants.

Avec la présence de Jean-François Redon (Directeur Général Délégué à la Formation de l’UGA), de Frédérique Teinturier (Ingénieure pédagogique de la Direction d’Appui à la Pédagogie et à l’Innovation de l’UGA) et de Mathilde Loretz (Référente-coordinatrice pour les espaces pédagogiques innovants à l’UGA), l’accueil s’est déroulé dans les locaux de la toute nouvelle Maison de la Création et de l’Innovation. Celle-ci héberge de nombreuses structures et programmes, émergents ou déjà mis en place antérieurement, et qui se sont rassemblés dans des locaux très singuliers, pour faire le plein de créativité. Promising est l’une de ces structures, active depuis 2013, en charge de la formation créative des enseignants et des étudiants, mais aussi de certaines entreprises. Programme national et multipartenarial, il est aujourd’hui reconnu à travers un large réseau, et notamment celui du Learning Lab Network, qui permet un échange national de bonnes pratiques.

« Il est de coutume que le partenariat se traduise par une visite de l’université », comme nous le dit Frédérique Teinturier. Cette visite permet donc un dialogue entre les acteurs, construisant les besoins et limites de chacun. L’établissement souhaitant s‘investir dans ce domaine peut acquérir des conseils personnalisés de la DAPI, profiter de son expertise en équipement et sur les accompagnements.
 

Une matinée en immersion à l’Université

La Maison de la Création et de l’Innovation (MaCI)
Après un temps de présentation et d’échange sur les attentes de l’école des Pupilles de l’air, la visite a commencée avec les espaces de la MaCI. Le « plateau design » laisse présager un mode de travail très convivial. Il est construit sur 170m2, à partir des idées des étudiants du Master « Management de l’innovation », avec des influences très nordiques qui font émerger un espace lumineux et modulable. Dans un espace étendu, il y a de la place pour diversifier les postures : autour d’une table, sur des canapés, ou encore sur une estrade. Nombreux de ces éléments ont déjà été récupérés par divers établissements scolaires. Ce plateau regroupe des installations complètement amovibles : chaises roulantes et adaptées aux besoins des élèves, tableau roulant, paroi sur laquelle on peut écrire ou dessiner.

Nous avons ensuite découvert la « salle de créativité », qui offre de nombreuses possibilités. Par exemple, des fauteuils sont cachés sous les comptoirs, et c’est sur un tableau qui longe l’ensemble des murs que le cours s’inscrit ou que les projets se développent. Ce système permet de s’adapter à différentes pédagogies, la salle étant prêtée à des classes de travaux dirigés ou à des groupes de projets par service de permanence.

Photo de la salle de pédagogie active

Enfin, nous nous sommes rendus à l’un des deux « studios étudiant », qui était alors occupé par un groupe travaillant sur un projet pour l’Office du tourisme de Grenoble. Pouvant être séparé en deux salles par une clôture amovible, on y retrouve les éléments fonctionnels des autres salles, favorisant notamment le travail de groupe et ses différentes phases. Pour cela, les studios sont prêtés aux étudiants sur des périodes plus ou moins longues, afin de préserver les annotations de chaque étape du travail de groupe.

La démarche de Promising consiste à intégrer de la créativité dans les processus d’apprentissage à l’université, en étudiant diverses pratiques pédagogiques issues des sciences humaines et sociales. Cette innovation permet d’analyser les besoins spécifiques d’une structure et de découvrir les apports et limites de ces nouvelles méthodes.
Le FabLab (Fabrication Laboratory, « laboratoire de fabrication » )
La visite s’est poursuivie par la rencontre avec Germain Lemasson, responsable du FabLab Mathématiques, Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication (MSTIC) du Laboratoire d'Informatique (LIG). Les professeurs présents, tous issus du pôle scientifique, étaient très intéressés par le matériel disponible. Pour lui « L’objet n’est pas le centre du projet, mais c’est tout ce qu’il y a autour, le fait de pouvoir toucher et par là de pousser la réflexion »

Le fablab est devenu un élément essentiel des pédagogies innovantes. Issus d’espaces autogérés, la manipulation est libre, dans les limites des règles de sécurité. Pour cela, un responsable et des bénévoles investissent ce lieu régulièrement, pour former les étudiants et autres apprenants à gérer ce lieu à leur tour. Tout cela donne donc un espace très vivant et fruit de nombreuses créations et réflexions, ainsi que de convivialité et d’échanges.

A propos des techniques observées, nous avons visité deux ateliers : l’incontournable atelier des imprimantes 3d et celui de gravure sur bois. Nous avons aussi eu un aperçu global de l’espace de travail commun, avec ses différentes créations tels que les robots, et le projet Robair. Ce projet est très plébiscité pour favoriser l’accès à des élèves en situation d’handicap à certains évènements, grâce à un système de webcam et d’un système d’avancement télécommandé. Ce robot a été créée dans l’esprit du FabLab, avec par exemple des pots de fleurs pour construire la structure du robot. Le projet a été amélioré avec le temps par d’autres utilisateurs, en lui ajoutant notamment un système de transmission permettant la communication d’un robot à un autre. Ce projet s’inscrit dans une grande thématique du FabLab concernant les objets connectés et leurs utilisations.

Projet du robot Robair
L’Institut Universitaire Technologique 1 (IUT1)
Enfin, nous nous sommes rendus à l’IUT1, qui regroupe différents départements, proposant différentes techniques d’apprentissage centrées autour des pédagogies actives. Plus porté par la technologie, les responsables pédagogiques ont souhaité faire de leurs salles des espaces d’apprentissage fonctionnels et adaptés aux besoins des étudiants et enseignants.

On voit donc que l’IUT1 a choisi de mettre en place des espaces d’apprentissages variés et complémentaires, comme la petite “salle Replay” qui a la possibilité d’avoir recours à des équipements numériques performants et adaptés (écrans partagés, webconférences…). Quant aux enseignants, ils apprécient le matériel disponible : un écran principal et plusieurs écrans pour favoriser le travail de groupe, un fonctionnement des postes de travail par îlot. Pour toutes les installations, les responsables pédagogiques ont souhaité faciliter le travail en équipe et l’appropriation rapide et facile des outils.

Les salles de l’IUT1 ont été globalement organisées pour permettre aux enseignants de mener leurs cours de manière originale et avec le plus de liberté pédagogique possible. Par exemple, l’amphithéâtre disposé à l’horizontale favorise l’écoute et la participation, ou encore des salles de classe modulaires, pouvant permettre rapidement un aménagement pour un enseignement transmissif, en mode équipe projet, ou en mode de différenciation pédagogique...

Ces salles dédiées à la pédagogie qui favorise à la fois le travail de groupe, le travail individuel ou le travail supervisé par l’enseignant, selon le positionnement de la classe. Le professeur adapte son enseignement, il peut aider les élèves en demande et laisser les élèves qui le souhaitent en autonomie. Mathilde Loretz nous explique que ce fonctionnement vise à ce que « […] l’étudiant ne soit pas stéréotypé mais encouragé dans son propre mode d’apprentissage. »

Salle PLAY de l'IUT 1

Des nouvelles pistes de réflexion

Les professeurs de l’école des pupilles de l’air sont très motivés pour mettre en place de nouvelles idées au sein de leur école. Durant cette visite, il a fallu imaginer ces dispositifs appliqués à leur cas afin de répondre aux problématiques qui leurs sont propres : quels seraient les professeurs qui se montreraient intéressés par ces dispositifs ? Dans quel matériel investir ? Comment appliquer ces méthodes de manière à investir les élèves de manière personnelle ? Quels seront les moyens pour valoriser ces outils dans des classes ?

« On veut favoriser le travail en groupe, en autonomie, rendre l’élève acteur et mettre en place plus de projets. Nos salles de classes sont assez petites, pas très lumineuses et assez anciennes. Ça donne moins envie de travailler qu’ici. […] Mais on a des professeurs motivés et c’est déjà la première étape pour faire quelque chose. »

Lors de cette journée, nous avons vu plusieurs méthodes d’apprentissage, visant à favoriser l’autonomie des élèves dans un contexte bien défini. Ce qui marche pour un cas ne fonctionnera pas nécessairement pour l’autre, et c’est une réflexion sur laquelle les professeurs vont se concerter et pourront ensuite revenir vers la DAPI pour une mise en place effective. De nombreuses questions se posent encore, auxquelles l’équipe pourra avoir plus de réponses en fonction de l’avancée de ses projets. C’est aussi lors de prochains échanges, et à l’occasion d’une éventuelle visite dans une classe de l’EPA que l’équipe de la DAPI pourra observer leur fonctionnement et proposer des solutions adaptées.
Mis à jour le  1 juin 2026